Christine Célarier

Christine Célarier vit et travaille à Lyon. Née le 4 Mars 1952 à Nevers (58). Diplômée de l’ENSBAL. Ses pratiques régulières sont le dessin, l’écriture et la sculpture. Son travail, ses recherches et son parcours sont visibles sur son site : www.christine-celarier.com.

2015 – Première exposition à la Galerie Atelier 28, «Col Tempo »
2018 – Deuxième exposition à la Galerie Atelier 28, « Clair Obscur »

« En tant que sculpteure, j’ai toujours dessiné. Le dessin n’est pas seulement le projet, il est aussi le sujet. Le dessin prévaut dans mes travaux récents, et chacun d’entre eux comprend la mémoire du geste sculptural et questionne les savoir-faire, la technique et les accidents. La série est une nécessité au sein de laquelle se forme une suite de paradoxes, le même et l’autre, la disparition et la renaissance, la similitude et l’écart : des couples contraires interrogeant les conditions mêmes de l’apparaître. Cette exposition présente mon travail récent composé de plusieurs séries. Série Oeuvre au noir – Il y a le noir et ce désir d’en explorer toutes les variations. Pour révéler la lumière. Des lieux, des architectures imaginaires ou réelles, des objets plus ou moins explicites, convoquent des réalités évidentes ou énigmatiques. Un autoportrait revisité à chaque dessin se fait le témoin de ces états du monde et de l’être. Série Le corps des choses – Chercher la clarté. Où l’intime et l’extime se mêlent. Le drap évoque l’intime et le corps. La souplesse, la mollesse du drap rencontrent l’intégrité et la dureté de la pierre, de l’acier ou du verre. Il se fait tout aussi bien contenant, enveloppant que contraint ou tenu sous le poids de matériaux fermes et compacts. Ce sont ces contraires associés qui voudraient donner à cet ensemble une vitalité tranquille. Série Volumes – Où les éléments dessinés se déclinent en sculptures. Dans une volonté
de digression. Pas de côté, écart, obliquité. Série Extases et replis – Ici l’incarnation naît de ce rapport entre dessin et volume. La citation permet de s’immiscer dans le dessin de l’autre à des siècles d’écart. Poser la mémoire, comme partie du sujet dans l’ordre du visuel. Série Campagnes ici et là – Cette série est fondée sur de simples éléments naturels (brindilles, tessons, cailloux…etc) dont seul leur assemblage relève d’un regard humain, suffisant à leur conférer un potentiel symbolique, voire sacré.

Enfin un livre Sang lagunaire – Texte récent édité par la maison d’édition indépendante de Marie-Laure Dagoit : maisondagoit.com ».

Texte de Nicole KUNTZ, Historienne de l’art, Genève :

« La sacralité parcourt l’oeuvre de Christine Célarier qui en détourne les images et les objets s’y rapportant habituellement. De la figure de saints, reprise à des peintres renaissants, jusqu’au calice et autre reliquaire, elle recrée un univers personnel et intime, incarné dans la condition humaine. Le corps douloureux, l’extase, la plasticité des plissés sont extraits, retravaillés, retranscrits dans des compositions qui ne gardent que l’essence et la beauté indissoluble des originaux. Lorsqu’elle détourne un objet de rite, elle n’en annihile pas sa fonction première qui est de rendre visible ce qui ne l’est pas par la métaphore. Mais au lieu de pointer vers une spiritualité religieuse, elle souligne des éléments profondément humains, comme la souffrance, la migration, la maladie, les rendant précieux par le réceptacle sans équivoque qui les contient. Un air étrangement familier règne sur ces oeuvres dont on reconnaît les silhouettes ou les matériaux, mais que le ré-assemblage parfois incongru transforme en objets non plus cultuels mais universels. »

Prochaine exposition de Christine Célarier à l’Atelier 28 du 24 janvier au 9 mars 2019