aNa

A la suite d’études en histoire de l’Art et en Arts Appliqués à Genève, aNa s’est consacrée à la pratique pure du dessin au contact du public afin d’exercer son œil et son trait. Au terme d’années de recherches graphiques et de développement personnel, elle a trouvé sa propre écriture et cultivé un goût certain pour la performance et l’improvisation. La mise en danger de l’instantanéité exacerbe son inspiration. Son travail intègre et se nourrit de toutes formes d’expressions, elle se tourne résolument vers autrui en pratiquant son art en dehors de l’atelier.

Elle aime ainsi, au moyen de son concept Drawin’Muzik, accéder à une sorte de transe pour pouvoir représenter la musique. Son trait est brut, dicté par une écriture automatique. Elle collabore avec des musiciens qui viennent composer dans son atelier ou bien, elle se déplace sur des concerts où elle officie généralement en coulisses. Elle a ainsi créé en coopération avec, entre autres, Ibrahim Maalouf, Chik Corea (Festival Jazz à Vienne), Erik Truffaz, Tigran Hamasyan, l’orchestre national de Lyon et le directeur musical du philharmonique de New-York Alan Gilbert, Jordi Savall, le grand compositeur de musique concrète Pierre Henry, etc… C’est surtout cette facette de sa création qui a été sélectionnée par l’Atelier 28. Elle y présente ainsi de nombreux dessins et peintures issus de ce concept singulier.

La galeriste, Martine Bonnaventure a également été touchée par la facette la plus représentative de son travail qui réside dans l’implication de la population. En effet, aNa se plait à intégrer différents publics à ses œuvres en leur demandant de s’exprimer par le biais de la peinture sur un support inédit : le plastique transparent. L’intérêt majeur réside dans la dualité, le jeu entre les novices et l’artiste, le tracé hésitant et maladroit devient un atout, une facture que l’on ne retrouve sur aucune autre œuvre. L’idée est de favoriser la puissance créatrice de la foule, d’engager un dialogue et de réintroduire l’Art dans la société. Son travail vise à être connu de tous, invitant à créer une œuvre participative dans laquelle tout le monde a une place active. Dans la perspective de briser les clichés et les conformismes culturels, les rôles de : l’artiste en tant qu’auteur et public destinataire peuvent être réécrits. Les concepts qui en découlent : Paint’Tube, Screen, Uback, lui permettent d’exprimer toute sa singularité, au niveau du trait et de l’approche. De fac¸on délibérée et sans aucun complexe, elle a également su adapter ses différentes démarches au monde de l’entreprise qui constitue pour elle un formidable laboratoire expérimental. Elle travaille ainsi avec des groupes de collaborateurs qu’elle emmène sur les voies de la créativité en version «team building» ou loisir événementiel. Depuis de nombreuses années, pléthore de maisons suisses ont déjà d’ailleurs fait appel à ses talents. Une étonnante artiste B to B.

Afin de permettre au public lyonnais de pénétrer pleinement l’univers d’aNa, un Paint’Tube a été organisé le jour du vernissage. C’est dans Le jardin de la rue Burdeau qu’elle fera participer à sa performance. Elle est à l’intérieur du Tube, où elle vient poser sa ligne noire, tout en conservant les motifs créés à l’extérieur du tube, par les participants. Au terme de la performance, le Tube est ouvert pour dévoiler l’œuvre.