Pascale Morelot-Palu

Avec mes graffitis sur les toiles, j’invente une écriture qui ne serait pas celle des hommes, mais celle du temps” nous confie l’artiste. Telle est la clé de la compréhension de son oeuvre, influencée par son parcours professionnel entre l’architecture et l’art de la peinture. Les murs qu’elle érige en architecture se transforment en art à travers ses toiles secrètes, impressionnantes et fortes, reflet de sa personnalité, de ses colères et de ses apaisements. Comme l’artiste aime le souligner, elle « tire les taches de matière à la spatule, les gratte pour faire ressortir ce qu’il y a dessous, fait naître des silhouettes fantomatiques, des messages oubliés, des énigmes… jeux permanents de dévoilement-dissimulation. » Comme un écho à son métier, Pascale Morelot-Palu peint des murs. Elle ne peint pas sur des murs, elle peint ses murs.

Symboliques dans le cas présent, elle se retrouve face aux murs rencontrés au cours de sa vie. La peinture est pour l’artiste un moyen d’exorciser les souvenirs douloureux d’une enfance où l’on se sent prisonnier entre quatre murs, d’une adolescence où l’on se heurte au mur parental. Pour l’adolescent, la liberté c’est faire le mur. A travers ses œuvres, elle passe à l’acte, au sens littéral : elle fait des murs, les murs à franchir pour conquérir sa liberté.