Catherine Vanier

Depuis sa première Exposition personnelle il y a 30 ans à Paris, Catherine Vanier n’a cessé de nous faire partager son attirance instinctive pour ces céramiques antiques venues d’ailleurs.

Arabesque, cercles, spirales, hachures, lignes ondulées, palmes et demi-palmes sont caractéristiques de la richesse de l’art oriental médiéval, Catherine Vanier les maitrise parfaitement pour conférer à chacune de ses pièces une personnalité et un charme indéniables.

A l’époque, elle travaille d’ailleurs sur terre vernissée comme le faisaient les artistes moyen-orientaux. Aujourd’hui, son œuvre a mûri et ne se résume plus qu’à la céramique. La décoration des surfaces régulières de ses plats nous ramène à la peinture de chevalet. La peinture et la céramique sont très liées dans le travail de l’artiste et sans la première, la deuxième n’aurait pas tout son sens.

C’est donc avec cette volonté d’innovation et d’expérimentation qu’elle reprend les bases du travail sur papier. Elle confiera lors de l’entretien avec Frère Daniel de Montmollin : « lorsque je pose sur mes pièces le jus d’oxyde noir avant mission, je suis dans la même disposition intérieure qu’avec le pinceau chargé d’encre de chine sur un papier.»

Aucune esquisse ne précède son travail. Elle expérimente, découvre, ce qui la conduit au niveau parfait qui qualifie son travail d’aujourd’hui. Pinceaux à la main, elle rêve et laisse aller son imagination. Commence alors une danse effrénée: vagues déferlantes et vols d’oiseaux dans un ciel zébré de hachures. Faire entrer le décor dans la matière, tel est le secret de cette densité, qui donne à ses œuvres ce caractère unique et précieux. Même si sa méthode a changé, son style demeure. Avec plus d’assurance et de liberté, la grande ligne reste la même : peindre avant tout.