Camille Virot

Né le 1er juillet 1947 en Franche-Comté, Camille Virot se forme à l’art de la céramique entre l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon et les Arts Décoratifs de Strasbourg. Aujourd’hui l’artiste s’érige en un véritable monument dans sa discipline. L’œuvre de Camille Virot s’imprègne du contexte environnemental dans lequel il évolue. Quand Camille et Pascaline Virot sont arrivés à Vière en 1971, le dernier habitant avait quitté la place quelques années plus tôt. Le hameau de Vière apparaît tel un patchwork de bâtiments de pierres sèches, juché sur l’un des contreforts qui longe la barrière de Lure, chapeauté de roche, l’horizon dégagé vers le sud en une vallée-vasque et barré à l’ouest par un pan de montagne la crête couverte de hêtre. Camille Virot se saisi de ce pays, de cette montage, de ces odeurs et de la dureté du minéral et façonne la vie.

Au travers de son travail, l’artiste tend à se détourner de l’objet pour s’inscrire dans la recherche du potentiel des matières. La réflexion menée ici est alimentée par ses nombreuses expériences. De 1991 à 1995, Camille Virot part notamment à la rencontre des potières de l’Afrique de l’Ouest accompagné d’une quinzaine de céramistes français. De ce voyage chacun a rapporté images, carnets de dessins, paroles, films et  collectes de poteries. Le musée d’art contemporain de Dunkerque et la Maison de la Céramique de Mulhouse furent parmi les premiers à exposer ces poteries, également montrées dans divers centres d’art et lieux
culturels, comme au Musée de la céramique de Sèvres en 2011-2012, et plus récemment au Musée des Confluences qui accueille la collection Terres d’Afrique en 2017.

Pour Camille Virot, « L’objet céramique n’est pas une « vraie sculpture » puisqu’il peut être pris dans les mains ; il appelle forcément un contact ; si l’on se contente de regarder de loin ce n’est plus un objet mais un paysage. Comme céramiste nous héritons de tout un vocabulaire de formes objets : urne, pichet, bol, saloir, brique, tuile, boîte… Quand je fais un bol, j’oublie sa fonction d’usage, ce qui m’intéresse c’est l’être seul, sa nature physique (son corps, ses lèvres, son pieds) et sa chair (râpeuse ou glacée). Son individualité, sa solitude. »

Venez découvrir l’exposition personnelle de Camille VIROT, Naître de la Terre, à L’Atelier 28 du 14 septembre au 5 octobre.