Akashi Murakami

« Depuis quelques années je suis attirée par les courbes organiques. J’aime particulièrement le bois dont je vois et ressent le vécu. Les bois sur lesquelles je travaille ont eu une vie, ils ont été travaillés par le temps, le vent, l’eau, les parasites. Mon intervention sur ce matériau pourrait être vue comme une continuité du travail déjà opéré par le contexte naturel d’où il provient. J’utilise une technique de moulage afin de fixer mon sujet dans une étape de sa longue évolution naturelle, mes sculptures sont en quelque sorte des clichés en volume, des témoignages de ce travail de la nature.

Une fois ma pièce extraite du moule, la forme me révèle un nouveau visage, une nouvelle nature sur laquelle je peux intervenir. J’efface volontairement certains détails de l’écorce et garde également quelques traces de moulage afin de marquer clairement cette intervention. Cette idée de travail en collaboration avec les facteurs naturels me plaît.

Mon travail achevé, le modèle de bois retournera dans son milieu d’origine et la nature reprendra ses droits sur lui, continuera de le sculpter à son propre rythme, avec des petites traces que je lui ai laissées. »

Flux, torrent, osselets, comme un oiseau, éclosion, écorce… : les noms choisis par Akashi Murakami évoquent tous la nature. « J’aime ses mouvements organiques, aléatoires, qui génèrent des formes inattendues, indique la céramiste. Mes sculptures sont en quelque sorte des clichés en volume, des témoignages de ce travail du milieu naturel. » Elle utilise le moulage comme pour fixer son sujet dans une étape de sa longue évolution. Pour ses pièces de faïence blanche, elle procède par coulage de barbotine. Une nouvelle série de pièces noires a vu le jour plus récemment. Elle sont fabriquées dans un moule en plâtre pour l’estampage. « J’utilise du grès noir riche en manganèse, puis j’ajoute un émail mat et sombre. Cela rappelle la pierre volcanique de mon pays natal », précise-t-elle. Une enfance marquée aussi par l’omniprésence de la céramique : « J’aimais mettre la table et admirer cette grande variété de styles de vaisselle. » Ses origines lui ont donné le goût de l’art brut, de l’épure, du noir et blanc. Aujourd’hui Akashi Murakami formée aux arts décoratifs, nous fait partager son interprétation des éléments naturels comme des bois flotté échoués sur une plage.

la Revue de la Céramique et du Verre, N° 225 (mars-avril 2019)

Prochaine exposition d’Akashi Murakami à l’Atelier 28 du 24 janvier au 30 mars 2019.